Aux élections présidentielles roumaines, et un certain Călin Georgescu arrive en tête avec 23% des voix, la deuxième est Elena Lasconi avec 19%. Tout va bien, pas de protestation, on s’oriente vers le second tour, où Georgescu est très en tête dans les sondages. Et là, patatra ! la Cour Constitutionnelle annule l’élection ! hou là là ! On pense alors à une énorme tricherie électorale, des urnes bourrées, des bureaux de votes interdits, un comptage secret, … Pas du tout. La cour, La Cour qui avait pourtant validé les résultats plus tôt dans la semaine après un recomptage des voix du premier tour et qui avait conclu à l’absence de fraudes. évoque tout à coup l’utilisation du réseau TikTok comme outil de campagne favorable au vainqueur ! C’est la faute à Poutine ! La décision aussi inédite que scandaleuse est dénoncée par les 2 candidats qui clament au coup d’état, et par tous les démocrates du monde civilisé. Tout celà parait improbable, cependant, quand on commence à gratter, on comprend tout. Le président en place est pro-ukrainien et a été présenti pour devenir secrétaire général de l’OTAN. Autant dire un européiste convaincu. Ne pouvant se représenter et très impopulaire, son premier ministre Marcel Ciolacu, qui est même favori des sondages, s’engage alors dans la campagne. Il arrivera 3ème. Tiens ! ça rappelle quelque chose! décidément les sondages sont fachés avec les résultats en Europe. On comprend que l’europe n’a pas apprécié le résultat et sans doute les USA non plus, et encore moins l’OTAN. D’autant moins que celui qui avait gagné était ouvertement nationaliste. Les roumains sont comme ça, ils aiment leur pays, allez comprendre. Mais la Cour Constitutionnelle (manifestement orientée, pour être poli) n’en était pas à son premier méfait dans cette élection. En effet, le 6 octobre 2024, elle invalide déjà la candidature d’une ancienne sénatrice, député européenne, mais qui avait le malheur d’être antivax, anti-américains, anti-ukrainiens, bref anti-tout, mais surtout très nationaliste. Et surtout 3ème dans les sondages. Décidément, le peuple est prêt à voter pour n’importe qui. L’Europe n’aime pas, mais alors pas du tout. Elle s’appelait Diana Iovanovici-Șoșoaca. Exit Diana. Devant la gronde qui sévit devant la décision d’annulation de l’élection, la cour constitutionnelle remotive sa décision par le fait qu’elle (je cite !) : « remet en question et ignore l’obligation de respecter la Constitution par son discours public appelant à la suppression des valeurs et des choix fondamentaux de l’État, à savoir l’adhésion à l’UE et à l’OTAN ». Evidemment, les manifestations contre ce jugement rassemblent des milliers de roumains chaque semaine. On en parle peu. Très peu. Et pour corroborer ce complot ourdi avec une rare efficacité, nous avons la phrase de l’improbable Thierry Breton au sujet des élections outre rhin : « on pourra faire en Allemagne ce qu’on a fait en Roumanie !» On ne peut pas être plus clair. Voilà ce qu’on disait il y a 8 semaines, mais l’histoire n’était pas terminée. Après ce hold-up, la cote de popularité du pauvre candidat Georgescu atteint des sommets. Ni une ni deux, on lance les grands moyens. On l’inculpe pour « fausses déclarations » et d’« incitation à des actions contre l’ordre constitutionnel ». Sur les marches du parquet général de Bucarest, le 26 février, à la sortie de sa convocation il lance à la foule venue le soutenir : « Nous sommes le peuple. Toute l’humanité sait ce qui se passe actuellement en Roumanie, c’est une initiative désespérée d’un système à l’agonie avec l’aide de Bruxelles » et sur ce, il est placé sous contrôle judiciaire. Il est alors largement premier dans les sondages. La cour constitutionnelle a alors passé la cinquième en rejetant purement et simplement la candidature de Călin Georgescu pour le scrutin des 4 et 18 mai. Soutenu par Washington et Moscou, il a fait appel. Mais la Cour constitutionnelle roumaine a rejeté mardi 11 mars son recours, ce qui définitivement l’exclut de la course à la présidentielle. Il affirme alors : « L’Europe est désormais une dictature, la Roumanie est sous une tyrannie. » Il a appelé au calme après des affrontements violents entre ses partisans et les gendarmes, dimanche soir, devant le siège du BEC. Il a demandé le 12 mars à deux potentiels remplaçants de se présenter, George Simion et Anamaria Gavrila. Ils ont rapidement obtenus les 200 000 signatures nécessaires pour être présents sur les listes. Le mieux placé des deux se désistera pour l’autre. Mais l’Europe panique toujours et exclu une autre candidate : par un communiqué en date du samedi 15 mars, la Commission électorale roumaine a informé que la candidate Diana Sosoaca serait exclue des élections présidentielles, après que la Cour constitutionnelle roumaine a considéré que les déclarations de cette dernière étaient contraires aux « valeurs démocratiques ». Les roumains sont dans la rue. L’Europe est à la rue. Feuilleton à suivre.