Il y a un an déjà en janvier 2024, Nestlé payait 2 millions d’euros, pour éviter un procès sur les traitements interdits (l’utilisation de microfiltres inférieurs à 0,8 micromètre) réalisés sur ses eaux minérales (Vittel, Hépar, Contrex… et Perrier). Selon le journal Le Monde, la Direction Générale de la Santé avait alerté Matignon qu’administrait Elisabeth Borne, à l’époque. La note alertait également sur le risque de conflit avec l’UE. Pourtant l’Elysée et Matignon acceptent que les microfiltrations soient utilisées par Nestlé. Un rapport de l’IGAS avait pourtant été transmis au ministère de la Santé stipulait que « Toutes les dénominations commerciales de Nestlé font l’objet d’un traitement non conforme. » et une autre émanant du Ministère de la Santé (François Braun) signalant : « l’existence de risques sanitaires liés à la présence de virus entériques d’origine hydrique (voire d’autres micro-organismes pathogènes) ». Jérôme Salomon, patron de la DGS avait même recommandé de « suspendre immédiatement l’autorisation d’exploitation et de conditionnement de l’eau pour les sites Nestlé des Vosges » et d’étendre cette interdiction « au site d’embouteillage de Perrier, où des traitements non autorisés sont aussi mis en place ». Le lobbying de Nestlé se met en branle et attaque tous azimuts, ministère après ministère, évoquant le scandale, le chômage, les dérogations possibles, avec un succès remarquable. Si on suit tous le processus de l’enquête réalisée par Radio France et le Monde, on s’aperçoit que le OK est finalement donné par l’Elysée. Comme le scandale est découvert et publié, tout le monde se défausse : Aurélien Rousseau, directeur de Cabinet d’Elisabeth Borne, assure n’avoir aucun souvenir de l’alerte, « A aucun moment, un sujet éventuel de santé publique ne m’a été remonté », Bruno Lemaire aurait appris l’affaire dans la presse, son Directeur de cabinet n’en a pas le souvenir , Roland Lescure à l’Industrie « ne savait pas que la direction générale de la santé réclamait la suspension de l’exploitation des ressources », François Braun à la Santé : Un risque sanitaire avait bien été identifié, mais le risque humain, lui, n’était pas avéré. » . On observe que certaines alertes sanitaires n’ont pas le même retentissement chez Emmanuel Macron, les unes provoquent un état de guerre, les autres un lavage de mains à l’eau de source et à la pierre ponce (Pilate).
Une commission d’enquête sénatoriale suit son cours… d’eau.