Nous sommes allés sur le site de l’Arcom et de son nouveau président, avec beaucoup d’innocence, pour voir quelles avaient été les chaînes de télévision ou émissions condamnées à des amendes sonnantes et trébuchantes par l’institution.
A notre grand étonnement, il s’avère qu’un seul groupe a écopé de toutes les condamnations pécuniaires. Toutes. Pas d’exception. Et pour plus de 7 millions d’euros, tout de même. On pourrait croire alors qu’il s’agit toujours de ce trublion de Cyril Hanouna qui aurait encore fait des siennes. Et bien non, il y a aussi « En quête d’esprit » , « Morandini Live », « Punchline été », « la Matinale Week-end », « L’Heure des pros », en fait presque toutes les émissions du groupe Bolloré à l’exception notable de la météo qui se méfiait sûrement en voyant poindre les nuages au loin. Il y aurait eu, ne serait-ce qu’une émission d’un autre groupe ou du service public condamnée, l’équité aurait été envisageable. Je ne veux pas croire que ce capitaine d’industrie, breton, catholique, bon père de famille qu’est Vincent Bolloré ait pu n’engager que des voyous dans ses établissements audiovisuels qui n’auraient de cesse que d’enfreindre les lois. Non. Les décisions de l’Arcom semblent avoir une orientation politique, indubitablement. Sa récente non décision sur Merwane Benlazar « le barbu au look salafiste » illustre le propos. Or, le 2 février, un nouveau patron de l’Arcom a pris ses fonctions. Proposé comme président par Emmanuel Macron, Martin Adjari a été nommé à cette fonction par la Commission des affaires culturelles ( dont le président et 2 vice-président sont macronistes). Sans aller aussi loin que l’écrivain et cinéaste Yann Moix qui s’interroge même sur la pertinence de l’existence de l’Arcom, estimant que ses sages étaient « des flics » et d’affirmer : « L’existence même de l’Arcom est une insulte à la démocratie », on peut se demander si une telle inéquité dans le traitement des affaires audiovisuelles ne relève pas plus de la propagande d’Etat plutôt que du respect des règles du petit écran. Comme le souligne François Asselineau sur X, » Pour que ce poste difficile soit crédible et respecté, il faudrait y nommer une personnalité connue pour son intégrité financière et morale, pour son courage et son absence de parti pris politique, pour son extrême souci de respecter le droit, la démocratie et l’objectivité de tous les médias, privés et publics. ». C’est là que le bât blesse, comme le raconte Libération. malgré le fait qu’il puisse apparaître comme un spécialiste, « sa condamnation en 2020 pour des contrats passés sans appel d’offres fait tache ». C’est le moins qu’on puisse dire. Taxis, voitures de locations et agence de voyage, on parle de plusieurs dizaines de contrats payés par l’argent des Français. Lui, n’a écopé que de 2 500 € d’amende… Espérons que ce nouveau président soit plus vigilant sur la pluralité des sanctions, si sanction il doit y avoir, que son prédécesseur. On connait bien le deux poids – deux mesures en matière de justice, en matière politique, si on y ajoute l’audiovisuel, ça finira par se voir. Quand il s’agit de la vie ou de la mort d’une chaîne de télévision, ne pourrait-on créer une sorte de tribunal populaire – des assises de l’audiovisuel – où ce serait le téléspectateur qui trancherait ?